Aller au contenu
Gaillac Info
Vignoble & Vins

L'AOC Gaillac

L'une des plus vieilles appellations de France, et l'une des plus déroutantes : ici on fait tout — blanc, rouge, rosé, sec, moelleux — et des bulles selon une méthode qu'on ne pratique presque qu'ici.

Dégustation chez un producteur du Gaillacois — © Christophe Bouthe Dégustation chez un producteur du Gaillacois — © Christophe Bouthe
AOC depuis 1938 rouges et rosés en 1970
Communes 73 sur les deux rives du Tarn
Superficie ≈ 3 000 ha ~100 vignerons, 3 caves coop.
Production 150 000 hl par an, tous styles

Le vignoble de Gaillac est l'un des plus anciens de France : planté par les Romains, structuré par les moines de l'abbaye Saint-Michel, et exporté vers Bordeaux par le Tarn dès le Moyen Âge. L'AOC, elle, date de 1938 pour les blancs — parmi les toutes premières du pays —, complétée en 1970 pour les rouges et les rosés. Aujourd'hui, une centaine de vignerons indépendants et trois caves coopératives se partagent 73 communes sur les deux rives du Tarn.

Six terroirs, une mosaïque

Si Gaillac fait des vins aussi différents, c'est d'abord une affaire de sols. L'aire se découpe en six terroirs, dont trois principaux :

  • Les terrasses de la rive gauche — sables, galets et graviers déposés par le Tarn. Sols chauds et drainants : le domaine des rouges de garde.
  • Les coteaux de la rive droite — argilo-calcaire vallonné, plus frais. Terre de prédilection des blancs.
  • Le plateau cordais, au nord, entre 200 et 300 mètres — calcaire, tardif, lumineux. Il donne des blancs tendus et des effervescents nerveux.

S'y ajoutent trois secteurs plus périphériques — Cunac, Cabanès et Lavaur. Cette diversité de sols, rare sur une si petite aire, explique qu'on puisse y faire à peu près tout.

Tous les styles, ou presque

Peu de régions font une gamme aussi large : des blancs secs et tendus, des moelleux, des liquoreux (l'Ondenc séché par le vent d'Autan), des rouges de garde, des rosés, et des effervescents. Une dizaine de produits différents sous un même nom — de quoi dérouter, mais aussi de quoi explorer longtemps.

La méthode ancestrale

C'est la signature pétillante de Gaillac, appelée ici « méthode gaillacoise », et c'est l'une des plus vieilles façons de faire des bulles. Le principe : une seule fermentation, démarrée en cuve, qui s'achève dans la bouteille — sans ajout de sucre ni de levures. C'est le sucre naturel du Mauzac qui fait la mousse. Plus rustique et plus vivante que la méthode champenoise, et bien plus ancienne.

Gaillac Premières Côtes

Une appellation dans l'appellation, née le même jour que l'AOC, le 21 mars 1938 : un blanc sec exigeant, réservé à quelques communes des coteaux qui dominent Gaillac. Tellement confidentiel qu'on n'en produit qu'une quinzaine d'hectares. Le haut du panier, en blanc.

Tout cela repose sur une poignée de cépages autochtones — et se goûte chez les vignerons du Gaillacois.

L'aire

Où s'étend l'appellation

L'AOC Gaillac court sur 73 communes des deux rives du Tarn, du plateau cordais au nord jusqu'aux portes de Lavaur au sud. Quelques repères de l'aire.

Repères indicatifs de l'aire de l'AOC (et non un tracé officiel).
  1. 1 Cordes-sur-Ciel — Le nord de l'aire — le plateau cordais, en altitude.
  2. 2 Cahuzac-sur-Vère — Les coteaux du nord-est.
  3. 3 Gaillac — Le cœur de l'appellation, sur le Tarn.
  4. 4 Lisle-sur-Tarn — Les terrasses de la rive, à l'ouest.
  5. 5 Rabastens — La pointe sud-ouest.
  6. 6 Lavaur — L'enclave méridionale de l'aire.

Une appellation qui fait du sec, du doux, du rouge et des bulles, c'est rare. À Gaillac, c'est normal depuis quatre-vingts ans.

↑ ↓ pour naviguer · Entrée pour ouvrir · Échap pour fermer